Écrire son autobiographie :
par où commencer et comment s’y prendre ?
L’envie d’écrire votre histoire vous habite, mais par où commencer ? Votre naissance, un événement marquant… attendre que l’inspiration vienne ? Raconter sa vie par écrit n’impose aucun chemin tracé d’avance. Choisirez-vous d’écrire seul ou accompagné ? Voici quelques exercices et pistes pour faire vos premiers pas vers l’écriture de soi et trouver la voie qui vous correspond.
Tester deux portes d’entrée dans le récit
et choisir son point d’ancrage
Par où commencer son autobiographie ? Doit-on commencer son histoire par sa date de naissance et suivre le fil chronologique ? Pas nécessairement. On peut aussi démarrer son histoire par une rencontre, la venue au monde d’un enfant, un deuil, une rupture, une prise de conscience ou tout autre événement qui a marqué un avant et un après.
Le point d’ancrage désigne ce moment à partir duquel on choisit de commencer à raconter son histoire. Et si vous testiez deux portes d’entrée très différentes pour trouver le vôtre ? L’écriture vous apportera elle-même une première réponse.
Exercice 1 : amorcer son histoire par sa naissance
Notez ces trois mots : « Je suis né·e… » Puis laissez courir votre plume pendant quinze minutes, sans vous arrêter pour corriger ni chercher à structurer votre histoire.
Accueillez les images, les scènes ou les sensations qui émergent : une maison, une famille, une fratrie, des animaux de compagnie, des gestes de tendresse, une époque…
Relisez-vous ensuite. Où votre mémoire vous a-t-elle spontanément conduit·e ? Quels détails ont surgi ? Un lieu ? Un visage ? Une anecdote ? Une émotion ?
Exercice 2 : amorcer son histoire par un point de bascule
Cette fois, commencez par : « Je pourrais aussi commencer mon histoire par… » Une histoire d’amour. Un choix audacieux. Un accident. Un déménagement. Une maladie. Un événement qui a changé le cours de votre existence, peut-être même ouvert la voie à une forme de renaissance. Choisissez celui qui s’impose à vous et écrivez de nouveau pendant quinze minutes, sans chercher à revenir sur ce qui précède.
Relisez ensuite vos deux textes. Quelle porte d’entrée vous a le plus inspiré·e ? Vous tenez peut-être là votre point d’ancrage.
S’appuyer sur des déclencheurs
pour faire émerger les souvenirs
Les souvenirs surgissent rarement sur commande. Mais parfois, une odeur, une saveur, une chanson, une photographie ou un objet suffit à réveiller la mémoire et à nous replonger dans une scène que l’on croyait oubliée. Ces déclencheurs sont de véritables alliés lorsqu’on est en quête d’inspiration pour écrire son histoire.
Avec eux renaissent des visages, des voix, des lieux, et même toute une époque. Ils peuvent aussi servir de point de départ lorsque l’on ne sait pas quoi écrire.
Quelques pistes pour stimuler la mémoire :
– Quel parfum vous transporte instantanément en enfance ?
– Pensez à un objet conservé pendant des années : pourquoi compte-t-il encore pour vous ?
– Pourriez-vous encore parcourir les yeux fermés un endroit qui a marqué votre vie ?
Envie de tenter l’expérience ?
Exercice 1 : remonter le temps avec une chanson
Choisissez une chanson qui vous a accompagné·e durant une période de votre vie. Installez-vous au calme et écoutez-la en fermant les yeux.
Accueillez les images, les visages, les lieux, les sensations que la musique fait naître.

Lorsque la chanson s’achève, prenez votre feuille et écrivez ce qui a refait surface : une histoire d’amour, une soirée, un concert extraordinaire, un voyage, un épisode de votre vie ou un lien particulier avec une personne.
Une chanson peut contenir à elle seule tout un contexte, voire une époque : une balade en voiture au cœur de l’été, les vêtements que l’on portait, les gens que l’on fréquentait, une façon de vivre.
Quelques questions pour prolonger l’écriture : Quel décor vous revient ? Qui partageait ce moment avec vous ? Quel détail vous ramène immédiatement à cette période ? Que raconte cette chanson de la personne que vous étiez alors ?
Exercice 2 : observer une photographie à la loupe
Choisissez une photographie ancienne et interrogez-la comme une archive. Ne vous arrêtez pas à ce qu’elle montre : cherchez aussi ce qu’elle ne montre pas. Qui se trouvait derrière l’appareil ? Que s’est-il passé juste avant ou juste après ? Quels sons, quelles voix, quelles odeurs ou quelle atmosphère lui associez-vous aujourd’hui ?
Puis écrivez à partir des indices repérés. À partir d’un détail peuvent ressurgir une scène, une personne puis, de proche en proche, tout un pan du passé. Autant de bribes précieuses pour nourrir l’écriture de son histoire.
Participer à un atelier d’écriture
pour libérer sa plume
On vient à l’atelier avec un carnet, un stylo et l’envie d’essayer.
L’animateur·trice pose un cadre bienveillant et garantit à chacun·e la liberté d’écrire sans craindre le jugement. On n’est pas à l’école : pas de bonne ou de mauvaise copie, chacun écrit avec ses mots. Puis viennent la consigne et la limite de temps : dix, quinze, vingt minutes. Paradoxalement, cette contrainte facilite l’écriture. On écrit sans reprendre chaque phrase ni chercher le mot juste.

Lorsqu’on choisit de lire son texte, on découvre parfois qu’un souvenir que l’on croyait banal émeut, amuse ou fait écho à l’histoire d’un·e autre. En livrant ses mots au groupe, chacun·e dévoile un peu de son histoire et se relie aux autres participants. Le partage reste bien sûr une possibilité, jamais une obligation.
L’atelier devient ainsi un espace où l’on peut expérimenter, écrire quelques fragments et renouer avec l’inspiration sans avoir encore à penser à la construction d’un livre.
Solliciter un accompagnement
pour écrire son histoire : quelle formule choisir ?
Il existe différentes façons d’être accompagné·e, selon ses besoins, son budget et la place que l’on souhaite prendre dans l’écriture.
Bénéficier d’un regard extérieur grâce à une bêta-lecture
Parfois, un regard extérieur suffit. On a déjà commencé à écrire, mais on doute de la clarté d’un passage, de l’enchaînement des épisodes ou de la cohérence de l’ensemble. Une bêta-lecture peut alors aider à prendre du recul sur son propre texte.
Elle peut être confiée à un·e proche ou à une personne extérieure au cercle familial et amical. Dans les deux cas, l’essentiel est de choisir quelqu’un en qui l’on a pleinement confiance, capable de respecter la confidentialité du récit et de porter sur les écrits un regard à la fois critique, constructif et bienveillant. Son rôle n’est pas de corriger le texte, mais d’en relever les forces, les éventuelles incohérences ou ce qui mériterait d’être développé. Ces retours offrent alors des repères précieux pour poursuivre l’écriture.
Être accompagné•e dans son récit par un•e professionnel•le
Par moments, le besoin va au-delà d’un regard d’ensemble. Faire appel à un·e professionnel·le permet de bénéficier d’une relecture argumentée de ses textes et, si nécessaire, de corrections. Selon les besoins, cet accompagnement peut aussi porter sur la construction de son histoire.
Comment trouver son propre fil rouge, celui qui relie les événements et donne sa cohérence au récit ? Quels épisodes retenir pour construire la trame de son histoire ? Que choisir de taire ? Ces questions peuvent être abordées avec le·la professionnel·le, qui peut aussi redonner de l’élan lorsque l’écriture s’essouffle.
Écrire à quatre mains avec un•e biographe
Dans cette formule hybride, l’écriture se partage entre la personne qui raconte son histoire et le·la biographe. Certains épisodes peuvent être écrits directement puis relus par le·la professionnel·le, tandis que d’autres sont rédigés à la suite d’entretiens.
Les textes s’articulent alors pour construire progressivement un récit cohérent, tant sur le fond que dans la forme. 
En parallèle, les rendez-vous réguliers permettent de revenir sur les textes écrits, d’approfondir certains souvenirs, de réfléchir à leur place dans le récit et de préparer la suite. La répartition de l’écriture peut évoluer au fil du projet : la personne choisit les épisodes qu’elle souhaite écrire elle-même et ceux qu’elle préfère confier à la plume d’un·e biographe.
Cette formule, qui suppose son implication dans l’écriture de sa propre histoire, permet également de réduire le coût de la biographie.
Confier la rédaction intégrale de son histoire à un•e biographe
Certaines personnes préfèrent raconter leur histoire à l’oral et en confier intégralement la rédaction à un·e biographe. Au cours des entretiens, il·elle écoute et relance pour recueillir les anecdotes et les détails sensoriels qui donneront chair au récit. Ensuite, il·elle rédige le texte en veillant à respecter le ton et la sensibilité de la personne biographiée, qui relit le texte, apporte une précision ou demande la reformulation d’un passage. Ces allers-retours permettent d’affiner progressivement le récit.
Confier la rédaction de son histoire ne signifie donc pas se tenir à l’écart de son livre. La personne qui se raconte reste partie prenante de son autobiographie jusqu’à la version finale. L’enjeu : qu’à la lecture, elle puisse se dire « oui, c’est bien moi » et que ses proches reconnaissent, eux aussi, sa personnalité et sa voix.
Pour conclure :
Votre histoire ne demande pas à être écrite d’un seul trait. Commencez, et vous découvrirez peu à peu la forme que prendra votre projet. Si vous envisagez de solliciter un·e biographe, trois questions peuvent guider votre choix : de quoi ai-je besoin pour avancer ? Quel budget puis-je consacrer à mon projet ? Quelle place ai-je envie de prendre dans l’écriture ? Un premier échange vous aidera ensuite à dessiner les contours de l’accompagnement qui vous correspond.
Carmen Clémente
Biographe des instants extraordinaires, des liens précieux et des histoires singulières.
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→ Écrire son histoire | 7 freins à lever avant de se lancer
– Vous vous demandez peut-être pour quoi écrire votre histoire ?
→ Pour quoi écrire sa biographie ?
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